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radonvoorpaginaDernière mise à jour 05/09/2014
RADON

INFORMATIONS SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES

  1. Données générales
  2. L'exposition
  3. Le contexte géologique
  4. Radon et santé
  5. Mesurer le radon
  6. Maîtriser le radon : actions simples
  7. Maîtriser le radon : diagnostic
  8. Maîtriser le radon : travaux
  9. Maîtriser le radon : prévention

1. Données générales


Le radon est un gaz radioactif qui se présente sous différentes formes d'isotopes. Deux d'entre elles se trouvent dans l'environnement humain : le Radon-222, qui est un élément de la chaîne de l'Uranium-238, et le Radon-220 (thoron) qui est un élément de la chaîne du Thorium-232.

Le Radon-222 et le Radon-220 sont instables et se transforment finalement, après plusieurs produits de filiation, en un isotope stable de plomb.

Le Radon-222 et ses produits de filiation sont la principale source d'exposition de la population et des travailleurs.

Le Radon-222 et le Radon-220 sont présents dans tous les sols et toutes les roches.

D'un endroit à l'autre, les concentrations dans le sol peuvent varier fortement en fonction de l'abondance de l'uranium.

Parmi les substances radioactives, il n'y a que le Radon-222 et le Radon-220 qui existent dans les conditions normales sous forme de gaz. Pour cette raison, ils peuvent migrer à travers les sols et les matériaux de construction, et ainsi pénétrer à l'intérieur des bâtiments. Les fractions de Radon-222 et de Radon-220 qui peuvent se diffuser à l'intérieur d'un bâtiment sont limitées par leurs demi-vies : respectivement 3,82 jours et de 54 secondes.

Les produits de filiation du Radon-222 et du Radon-220 sont des éléments solides d'une demi-vie de moins de 30 minutes, pour la plupart d'entre eux. Ce sont ces produits qui sont à l'origine du risque de cancer du poumon. Le risque augmente en fonction du niveau des particules dans l'air, comme la fumée du tabac. Le tabac, par ailleurs, entre en synergie avec le Radon-222 et le Radon-220 dans l'étiologie du cancer pulmonaire.



Dans la plupart des cas, la source la plus importante de radon est l'infiltration du Radon-222 à partir du sol en dessous des bâtiments. Le radon peut aussi migrer à travers l'eau, en particulier si celle-ci vient d'un puits foré dans des roches comme le granite. Certains types de matériaux de construction peuvent aussi constituer une source non-négligeable de radon.

Des exemples de matériaux de construction dont il faut tenir compte lors de l'analyse de l'exposition au radon sont le schiste alumineux, certains granites et des produits composés de phosphogypse, résidu de la production de l'acide phosphorique. Lors de la désintégration du Radon-222 et du Radon-220, des radiations gamma sont également émises. L'exposition aux radiations gamma constitue, dans la plupart des cas, la voie dominante d'exposition liée aux matériaux de construction.

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2. L'exposition


Grâce à une campagne nationale de mesure dans environ 10.000 habitations, suivie d'analyses détaillées dans les communes les plus exposées, la distribution du radon sur le territoire belge a pu être déterminée. (voir carte interactive)

Des taux élevés de radon (> 400 Bq/m³) sont enregistrés le plus fréquemment – mais pas exclusivement – dans les arrondissements de Bastogne, Neufchâteau et Verviers.

Même si chaque bâtiment n'est pas nécessairement fort exposé au radon dans ces régions, si vous y possédez une maison, si vous y employez des travailleurs, si vous envisagez d'y construire, il est dans votre intérêt de contacter les services de la commune ou de la province pour vous renseigner quant aux possibilités de tests radon, aux mesures correctives ou préventives dans le cas des nouvelles constructions.

Sur base des résultats de mesure, il ressort qu'en Belgique, le radon est responsable d'environ 37% de l'exposition totale aux radiations ionisantes de la population, correspondant à une dose effective de 5,52 mSv/an.

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3. Le contexte géologique


Bien que l'uranium naturel – dont provient le radon – soit présent dans toutes les roches, sa concentration varie en fonction du type de roche. Et même pour un type de roche identique, sa répartition est hétérogène. Le radon se propage vers la surface à travers des pores et des fissures dans la roche. Ceci explique que le taux de radon dans le sol proche de la surface de la terre varie fortement d'un endroit à l'autre, soit parce que la composition du sous-sol est différente, soit parce que sa structure est différente.

En Belgique, on observe une forte variation des types de sous-sol d'une région à l'autre. Dans le nord du pays, les sous-sols meubles dominent, avec des couches de sable et d'argile. Au sud, les roches dures, comme les calcaires, les grès et les schistes dominent. Ces roches sont plus riches en uranium et sont plus fracturées. C'est en Ardenne que les roches contiennent en général le plus d'uranium. En outre, les roches y sont plus fracturées, ce qui permet au radon de s'échapper plus facilement vers l'atmosphère.

Etant donné que le radon peut facilement se propager vers la surface, c'est dans ces régions que le radon est le plus susceptible d'entrer dans les constructions et de s'y accumuler. Cela explique la corrélation entre les régions radon et les types de roches en Belgique. Outre le type de roche, il y a aussi les caractéristiques des sols qui déterminent si le radon peut entrer dans une construction ou pas. Une couche de sol plus argileuse peut jouer le rôle de barrière et retenir le radon dans le sol. Ces caractéristiques étant très variables dans l'espace, les concentrations de radon dans les bâtiments varient très fort, même dans les zones à risque.

Concentration de radon en Belgique

Clicquez ici pour la carte interactive

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4. Radon et santé


L'accroissement du risque de cancer pulmonaire est le principal effet sur la santé résultant d'une forte exposition au radon. Cela est bien documenté par les nombreuses études sur les mineurs d'uranium. En se basant sur celles-ci, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé le radon parmi les agents cancérigènes de « groupe 1 » (connus comme étant carcinogènes chez l'homme).

Des études épidémiologiques ont cherché aussi à établir si les concentrations en radon observées dans les maisons constituaient un danger important pour la santé.

La récente analyse groupée des principales études européennes sur le risque lié à l'exposition au radon à l'intérieur de l'habitat estime que le risque de cancer pulmonaire augmente de 16 % par tranche de 100 Bq/m3. La relation dose-effet semble être linéaire, sans seuil, ce qui signifie que le risque de cancer pulmonaire augmente proportionnellement avec l'exposition au radon.

Les résultats de cette analyse groupée indiquent que, lorsqu'un non-fumeur est exposé à des concentrations en radon de 0, 100 et 400 Bq/m3, le risque de cancer pulmonaire à l'âge de 75 ans est respectivement de 4, 5 et 7 pour 1.000. Pour les fumeurs cependant, le risque est multiplié par un coefficient d'environ 25, c'est-à-dire qu'il atteint respectivement 100, 120 et 160 pour 1.000.

Sur base de ces résultats, on estime que chaque année en Belgique environ 470 cas de cancers pulmonaires sont liés à l'exposition au radon dans les habitations. Ceci représente 7% du nombre total de victimes touchées chaque année en Belgique par le cancer pulmonaire. La plupart des cancers pulmonaires induits par le radon surviennent chez les fumeurs.

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5. Mesurer le radon


Il y a toujours une possibilité que le taux de radon dans votre habitation soit élevé. Si vous habitez dans une zone à risque, cette possibilité est nettement plus grande. La seule façon de connaître le taux de radon dans votre bâtiment est de le mesurer. Il existe des méthodes relativement simples et peu coûteuses pour mesurer le radon dans une construction (maison, bâtiment).

Etant donné son état gazeux, la concentration de radon dans une construction varie très fort pendant l'année et même tout au long de la journée, en fonction des fluctuations atmosphériques et saisonnières (température, pression, vitesse du vent...). Pour bien évaluer le taux de radon dans votre maison, il est recommandé de le mesurer pendant plusieurs mois (trois en général), en saison froide (entre octobre et mai).

Une mesure à long terme (3 mois en saison froide) permet de calculer la concentration moyenne annuelle. En se basant sur cette unité, les autorités nationales ont déterminé, avec l'appui de nombreuses études internationales, des valeurs de référence. Ces valeurs ont comme but de limiter l'exposition de la population au radon par la réduction de la concentration de radon dans les constructions. Ce sont des valeurs au-delà desquelles il est recommandé d'envisager des mesures correctives. Les valeurs utilisées en Belgique, basées sur les recommandations de l'Union Européenne, sont de 400 Bq/m³ pour les constructions existantes et de 200 Bq/m³ pour les constructions neuves.

Si vous voulez connaître le taux de radon dans votre habitation, contactez votre commune, le SAMI de votre province ou l'AFCN pour commander un test radon. Dans les communes des zones à risque, les autorités organisent des campagnes concertées dont tous les habitants sont informés par courrier communal. Si le taux de radon dépasse le niveau de 400 Bq/m³ (200 Bq/m³ pour les nouvelles constructions), il faut envisager des actions afin de réduire le taux en dessous de 400 Bq/m³ (200 Bq/m³ si possible ou pour les nouvelles constructions).

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6. Maîtriser le radon : actions simples


Lorsque le résultat d'au moins une mesure à long terme dépasse le niveau de 400 Bq/m³ et qu'aucun résultat ne dépasse le niveau de 1.000 Bq/m³, il est recommandé de mettre en œuvre en premier lieu des actions simples dans le bâtiment, de façon à abaisser la concentration de radon au moins en dessous de 400 Bq/m³ et, si possible, en dessous de 200 Bq/m³.

Les actions simples peuvent consister à :

  • Améliorer l'étanchéité du bâtiment pour limiter l'entrée du radon (portes, fissures dans le plancher, entrée de canalisation...) ;
  • Vérifier l'état de la ventilation et rectifier les dysfonctionnements éventuels (obturation d'entrée ou de sortie d'air, encrassement, défaillance de ventilateurs...) ;
  • Améliorer ou rétablir l'aération naturelle du soubassement (ouvertures des aérations de vide sanitaire ou de cave obturées) ;
  • Assurer une ouverture régulière des fenêtres en l'absence d'autre système de ventilation. L'aération par ouverture des fenêtres ne peut pas être considérée comme une action qui garantit la baisse de la concentration de radon dans le temps, car elle est dépendante des habitudes des personnes qui occupent les locaux.

De telles actions, ou la combinaison de certaines d'entre elles, peuvent réduire de manière suffisante la concentration en radon, à un coût limité.

Actions

Le choix des actions simples à entreprendre se fait à partir d'une inspection visuelle du bâtiment, destinée à déterminer les actions les plus appropriées : obturation des voies d'entrée évidentes du radon (voir dessin), amélioration des voies de ventilation naturelle des soubassements, moyens de ventilation. Ces actions simples peuvent suffire, notamment lorsque le taux de radon initial ne dépasse pas le niveau de 400 à 600 Bq/m³. Elles peuvent cependant, suivant les cas, ne pas garder toute leur efficacité au cours du temps.

Si ces actions simples ne permettent pas de réduire le taux de radon de manière suffisante, il faut entreprendre des actions plus contraignantes.

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7. Maîtriser le radon : diagnostic


Lorsque qu'une mesure à long terme dépasse le niveau de 1.000 Bq/m³, ou lorsque la concentration de radon persiste à dépasser le niveau de 400 Bq/m³ après la mise en œuvre des actions simples, il est nécessaire d'entreprendre un diagnostic du bâtiment et de réaliser les travaux nécessaires afin d'abaisser la concentration de radon à un niveau aussi bas que raisonnablement possible, de préférence en dessous de 200 Bq/m³ et certainement en dessous de 400 Bq/m³.

Le diagnostic du bâtiment correspond à son inspection méthodique, ainsi qu'à celle de son environnement immédiat, de façon à définir les causes de la présence de radon dans le bâtiment et à fournir les éléments nécessaires à l'élaboration de solutions de remédiation. Le choix de ces solutions doit tenir compte de leur impact global sur le bâtiment. Le diagnostic comprend :

  • Des informations générales sur le bâtiment et son environnement : année de construction, type de bâtiment et constitution, surface au sol, nombre de niveaux, réhabilitations éventuelles ;
  • Une description du soubassement : type et constitution du soubassement, surface au sol et état d'étanchéité de chaque type de soubassement (dallage sur terre-plein, vide sanitaire, cave), identification des voies potentielles d'entrée du radon par l'interface sol-bâtiment (porte de cave, trappes, réseaux fluides) ;
  • Une description du système de ventilation et une évaluation du niveau d'aération des espaces de vie du bâtiment ;
  • Une description des systèmes du bâtiment (chauffage, chauffe-eau...).

En fonction du type de bâtiment rencontré, et notamment pour des bâtiments de grande surface au sol avec des soubassements complexes, des investigations complémentaires (mesures de radon ponctuelles ou continues, flux d'exhalation des matériaux, mesure de radon dans l'eau...) pourront être menées de façon à mieux identifier les sources (sol, matériaux de construction, eau...) et les voies d'entrée et de transfert du radon dans le bâtiment, lorsque ces caractéristiques ne sont pas identifiables de manière simple, sans mesure.
Des tests de faisabilité de mise en dépression de soubassement peuvent également faire partie du diagnostic du bâtiment lorsque cette solution semble appropriée au cas rencontré.

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8. Maîtriser le radon : les travaux


Les travaux doivent être définis sur base du diagnostic du bâtiment et des investigations complémentaires si elles ont été réalisées.

De façon générale, les solutions à mettre en œuvre font appel à deux principes : limiter l'entrée du radon et/ou évacuer l'air chargé de radon.

Les solutions mises en œuvre dans un bâtiment consistent souvent en une combinaison de ces deux principes.

Les travaux à entreprendre peuvent également se regrouper en trois familles de techniques :

  • Assurer l'étanchéité du bâtiment contre les entrées de radon.


    Il est indispensable d'assurer la meilleure étanchéité à l'air possible entre le bâtiment et le sous-sol (interface sol-bâtiment). Ces techniques correspondent à l'étanchement de points singuliers entre le soubassement et le volume occupé (canalisation, portes, escaliers), à des traitements de surfaces (sols, murs enterrés), à la couverture de sols en terre battue. Si les techniques d'étanchement ne sont pas toujours suffisantes pour réduire efficacement les concentrations en radon dans un bâtiment (identification incomplète des points d'entrée, problèmes de mise en œuvre, efficacité au cours du temps), elles constituent cependant un préalable essentiel à l'efficacité d'autres solutions.

  • Augmenter le renouvellement d'air à l'intérieur.


    Lorsque le diagnostic du bâtiment fait apparaître un manque de ventilation des locaux, il est important de mettre en œuvre les moyens nécessaires (mécaniques ou naturels) à une bonne aération de ces derniers, sans dépasser les niveaux réglementaires (NORME D50-001) en vigueur concernant la ventilation.
    L'efficacité de cette famille de techniques est souvent assez faible car on ne peut pas augmenter le renouvellement d'air d'un bâtiment sans tenir compte des contraintes énergétiques et de confort thermique.

  • Traiter le soubassement pour réduire l'entrée du radon.


    Ces techniques consistent soit à ventiler le soubassement (vide sanitaire, cave, dallage sur terre-plein) naturellement ou mécaniquement, soit à le mettre en légère dépression par rapport au volume occupé par extraction mécanique, lorsque cela est possible. Cette famille de techniques est reconnue pour être parmi les plus efficaces.

    Traitement le soubassement

    Le principe de réduction de l'entrée du radon dans les bâtiments le plus efficace est le système de mise en dépression du sol (SDS). L'objectif de cette technique consiste à générer un champ de pression dans le soubassement inférieur à celui régnant au niveau du sol du bâtiment et avec un débit d'air extrait le plus faible possible. Pour cela, l'air du soubassement est extrait mécaniquement vers l'environnement extérieur, où le radon se dilue rapidement. (voir dessin)

Pour plus d'information, consultez notre brochure « Actions correctives et préventives ».

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9. Maîtriser le radon : mesures de prévention


Si vous envisagez de construire une maison ou un bâtiment dans une des communes des zones à risque, il est dans votre intérêt de prendre des mesures préventives contre le radon. Ces actions sont beaucoup plus faciles à prendre pendant la construction qu'après.
Les principes de prévention sont essentiellement les mêmes que pour la remédiation, mais il s'agit ici de concentrer l'attention sur la limitation de l'entrée du radon.

De façon générale, les solutions à mettre en œuvre font appel à deux principes : limiter l'entrée du radon et/ou évacuer l'air chargé de radon.

  • Dans une nouvelle maison, il faut s'assurer de l'étanchéité de l'interface entre le sol et la construction. Cela peut être fait par l'installation d'une bâche ‘pare-radon', un écran étanche à l'interface sol-bâtiment.
  • Prévoir une couche perméable (enrochement ou gravier) en dessous de la chape ou un vide sanitaire.
  • Prévoir une ventilation passive de cette couche perméable. Un tuyau qui amène vers l'extérieur peut aspirer l'air pollué avec le radon, avant qu'il n'entre dans la construction.
  • Assurez vous d'avoir dans la maison une ventilation adaptée, de préférence avec échangeur de chaleur. Un remplacement d'air suffisant diminue la concentration en radon et une récupération de chaleur diminue le coût de l'énergie.

Il faut bien s'assurer de l'étanchéité de l'interface, notamment au niveau des perforations (sanitaire, électricité, gaz...) et des liaisons (joints plancher-murs).

Il faut également appliquer une membrane étanche au radon sur les parois verticales.

Pour plus de détails sur les mesures de prévention radon et pour tout renseignement, demandez la brochure du CSTC ou contactez les services techniques de la Province ou l' AFCN.

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Dernière mise à jour
05/09/2014 - 10:45
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